Portrait

Doriane Pasquale

CAMPUS
Paris
ANNÉE
2020
PROFIL
élève

Chacun est unique mais sans travail, sans curiosité, sans détermination , il reste un individu différent mais pas à part...

  • Peux-tu te présenter ?

Je m'appelle Doriane Pasquale, j'ai 34 ans, je suis originaire de Nice. Je suis en 3 ème année en double Cursus Cinéma avec Bruno Rolland, Raphael Jacoulot, Luc Gallissaire et en Théâtre avec Christophe Raymond, Cedric Prevost et Bruno Blairet.

  • Comment t'est venue l'envie de faire du théâtre/de la comédie et comment as-tu intégré l’école ?

Je joue la comédie depuis toujours d'aussi loin que je me souvienne, "Théâtre" devait faire partie des premiers mots que j'ai voulu écrire. Je m'inventais des histoires, j'étais un espion franco-algérienne infiltré dans ces deux cultures , une amoureuse trahie, un enfant adopté cherchant la vérité dans les tiroirs de mes parents, ignorants souvent qu'ils étaient les personnages principaux de mes aventures.

Jouer la comédie, c'était ouvrir tous les champs possibles. J'ai intégré l’école suite à un stage d'acteur qui donnait lieu ensuite à une sélection.

  • Peux-tu nous parler de ton parcours à l’école ?

J'ai intégré la première année avec Fabrice Michel, nous avons exploré le training créé par Molik le body alphabet ou Molik's alphabet.

J'ai découvert par ce travail du corps , du "lâcher-prise", que l'acteur dispose d'un outil de travail essentiel de l'orteil à la racine des cheveux, son corps. L'acteur n'est pas juste un bon orateur, qui travaille sa diction et suit des déplacements sur un plateau, je le savais car je pratique la danse, mais là j'ai combiné travail du corps et de l'interprète.

Lors de mon parcours et de mes échéances , j'ai appris à combiner mon instinct de scène au travail assidu qu'exige le travail d'acteur, lecture des oeuvres diverses, connaissances sur les auteurs, les personnages travaillés, et apprendre à s'adapter, à travailler avec de différents professeurs, donc différentes méthodes. J'ai eu des moments de doutes, de frustrations, mais une évolution certaine en tant qu'actrice.

Quand j'ai intégré le cursus cinéma, j'ai eu alors la chance de faire ce double cursus, et à ce jour il m'apporte une polyvalence non négligeable dans le milieu et pour ma future carrière. J'ai compris que même si on ne fait pas l'unanimité, il y a comme pour tous, des moments, des styles, j'ai pu grâce à ces années de formation accepter et tirer le mieux de ce qui m'a faite, une double culture que j'ai pu exprimer sans avoir à choisir.

  • En cette période particulière, comment t’occupes-tu ? Et comment fais-tu pour garder un lien avec le théâtre ?

Cet événement sanitaire  historique m'a coupé en plein élan, mais il a fallu de cette mauvaise fortune faire bon coeur. Ne pouvant pas rejoindre ma famille à Nice ,Je suis partie dans la ferme bio de mes amis et j'ai pu ainsi aider, me sentir utile. J'ai pu me recentrer aussi sur les valeurs humaines et le travail de l'homme à la terre. Cela m'a apporté dans mon travail d'actrice, dans ma capacité de résilience face à un événement  qui survient et chamboule tous vos projets.

J'ai continué de suivre un rythme de travail seule et grâce à nos professeurs , cours en live, training, vidéos régulières envoyées (scènes de films, poésie...). Le plus dur fût  de devoir se voir autant face caméra, seule, et devoir travailler sans trop se juger et faire abstraction de son "ego".

Je ne voulais pas faire que du travail en lien avec le Cours Florent, j'ai eu besoin de m'épanouir autrement alors j'ai créé des lives sur Instagram, "les lectures exaltées de Mlle.do". Un concept  qui consiste à réinterpréter , réinventer un texte de rap, de trap, de slam, de chansons et de l'offrir en direct à son auteur et faire découvrir aux gens la plume de l'artiste avant son style. L'artiste chante son rap et derrière je le réinvente. Certaines personnes m'envoient leurs textes ou poèmes qu'ils n'osent pas lire ou même montrer. Je le fais et cela fait exister leurs mots. Le but est de partager, et pour moi de ne jamais oublier qu'avant tout l'acteur joue les mots intimes d'un auteur, il doit les respecter, les comprendre au mieux et les offrir pour créer ce moment suspendu. Les lives marchent bien et tous les styles et les âges sont au rendez-vous!

  • As-tu des projets extérieurs au Cours Florent ?

À ce jour, j'ai écrit mon premier film avec une de mes collègues du Cours Florent, un projet que j'aimerais aussi faire évoluer en dehors de mon cursus Cinéma. C'est un film sur la violence conjugal à travers l’histoire d'une enfant.  J'ai de nombreux projets, notamment la mise en scène, la création d'une troupe, le coaching, l'accompagnement, mais surtout trouver un(e) agent artistique pour évoluer au mieux, j'ai des projets toujours, c'est important pour se lever et rester déterminé.

J'ai des milliers de bonnes idées par jour, je ne sais pas encore qu'elle est la bonne !

  • Quels conseils donnerais-tu à un.e futur.e élève ?

Avoir conscience que la formation d’acteur demande un travail assidu et quotidien. Chacun est unique mais sans travail, sans curiosité, sans détermination , il reste un individu différent mais pas à part.. Il faut arriver avec humilité mais avec ambition, avec courage parce que  la remise en question elle aussi est quotidienne. Il ne faut pas vouloir bien faire pour plaire et se mettre la pression de la réussite,  il faut faire parce qu'il n'y a rien d’autre à faire que ça, travailler, jouer, souvent ne pas y arriver.

Avoir un professeur qui "bouscule" nos idées reçues , ne pas apprécier une oeuvre même si elle fait partie du répertoire incontournable ou un réalisateur, ce n'est pas grave,  il faut développer sa capacité à débattre, à proposer , et surtout apprendre à tomber toujours encore et souvent.

Un conseil important, avoir d'autres centres d’intérêt , faire d'autres activités, c'est très important pour garder le recul sur ce métier. C'est un métier extraordinaire , quasi hors du commun des mortels, ne faire que ça, c'est s'enfermer dans une bulle, risquer de perdre un peu pied à la réalité et à ce qui se passe autour. Il faut le garder pour créer et s'inspirer!

Une phrase à retenir  serait inspirée de la réplique culte d'un film français "La Haine": "Ce n'est pas la chute qui compte mais l'atterrissage".