Portrait

Birane Ba

Portrait de Birane Ba
CAMPUS
Paris
ANNÉE
2017
PROFIL
anciens

Rester curieux du monde et des gens qui nous entourent car ce sont eux qui nous inspirent.

Birane Ba, ancien élève de la Classe Libre Théâtre promotion XXXVI  et à ce jour pensionnaire à la Comédie Française, nous a fait le plaisir de répondre à quelques unes de nos questions :

  • Comment est née ta passion pour le théâtre ?

J’ai découvert le théâtre au collège. J’avais fait une poésie en cours de français devant la classe et je m’étais beaucoup amusé à l’interpréter. Alors ma professeure ma conseillé de m’inscrire au club théâtre du collège . Je m’y suis inscrit 2 ans après. On n’avait pas les meilleures conditions pour travailler,  on répétait 1 fois par semaine pendant l’heure du déjeuner tout en sachant que j’habitais à plus de 10 minutes du collège. Ça nous faisait 30 minutes par semaine. Mais quand on a joué devant le public, c’est là que la révélation est née. Je me suis rendu compte du pouvoir que j’avais car je faisais rire toute une assemblée et j’étais très à l’aise en improvisation (à l’époque).

  • Que t'as apporté la Classe Libre dans ton parcours ?

Avant tout, les rencontres. C’était la première fois que j’étais entouré de personnes qui ne voulaient faire que ça de leur vie, que des passionnés de mon âge. J’étais aussi acteur que spectateur de ma vie car je rêvais de ça. 

Avant j’étais toujours « le comédien » ou « celui qui rêve » mais là, on était tous rêveurs, et ça m’a d’autant plus motivé !

Le travail aussi. On a énormément travaillé. C’était matin, midi, soir, je ne mangeais et ne buvais que du théâtre, tout le temps. J’ai rarement autant travaillé, car en entrant dans cette classe je m’étais donné deux ans pour vivre le rêve parisien. J’ai eu de la chance, ça dure un peu plus longtemps.

  • Quel est ton meilleur souvenir du Cours Florent ?

J’en ai beaucoup. De très forts. C’est compliqué d’en choisir un seul.

Mais je dirais quand même la rentrée Classe Libre. Chacun devait se présenter avec une scène puis s’en suivait un long entretien avec Jean-Pierre Garnier. C’était très fort en émotion. On avait l’impression de se connaître par cœur sans avoir commencé à travailler ensemble.

  • Cela fait un peu plus d’un an que tu es pensionnaire de la Comédie Française. Qu’as-tu appris de cette première année ?

Une autonomie dans mon travail. On travaille sur plusieurs pièces en même temps, il faut donc être organisé pour passer d’une chose à l’autre. Les reprises de rôles sont tellement rapides qu’on ne peut pas se poser la question de la difficulté, il faut être efficace, connaître son travail et trouver son propre rythme car la machine est déjà en marche.

J’ai également appris à être patient. Avant je voulais tout, tout de suite en pensant qu’il n’y a avait pas de temps à perdre, désormais j’apprends que pour exercer ce métier sur la longueur il faut être patient. L’acteur que je souhaite devenir est encore loin, il mettra du temps à venir.

  • Quels sont tes projets pour la suite ?

Avec les circonstances actuelles il m’est difficile de me projeter. Beaucoup de projets ont été annulés. La non visibilité des mois à venir m’oblige à rester en attente que la situation se débloque. J’en serai plus dans les semaines à venir.

  • Quels conseils donnerais-tu à un.e futur.e élève ?

C’est toujours difficile de donner des conseils, mais je les applique pour moi aussi. Je dirais de travailler comme une.e malade, et oser s’attaquer à des rôles dans lesquels on ne se serait pas imaginé.

S’accrocher car c’est dur, des grosses périodes de doutes s’installeront, et on ne voit pas immédiatement les fruits de ce que l’on sème.

Rester curieux du monde et des gens qui nous entourent car ce sont eux qui nous inspirent. On fait des rencontres dans cette école qui nous suivent pendant un long chemin.