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Nicolas Vallet au Printemps des Comédiens

Nicolas Vallet est professeur de première année de la formation de l’acteur au Cours Florent à Montpellier. Samedi 1er et dimanche 2 juin 2019, il a participé en tant que metteur en scène au Warm Up 2019 du Printemps des Comédiens. Le Warm Up propose des projets en cours de création...

  • Qu’est-ce que Persona ? 

Persona est une adaptation théâtrale du film d’Ingmar Bergman. Ce film tourné en 1966 raconte l’histoire d’une comédienne, qui en pleine représentation décide de ne plus parler. Elle part se reposer sur une île en compagnie d’une infirmière. C’est un huis clos entre deux femmes, l’une se tait obligeant l’autre à parler et se dévoiler. 

Cette adaptation est une pièce en miroir du film. Une sorte de performance entre, le film projeté dans le dos des spectateurs et la représentation scénique. Pour faire cette jonction entre les deux, nous nous sommes servis de l’audiodescription du film, ce procédé utilisé pour les non-voyants. Deux comédiennes décrivent en direct, le film caché à la vue des spectateurs. Mais plus qu’une jonction, c’est une injonction du film faite au plateau. Ce dispositif pose la question de la temporalité entre le film et le théâtre. Peut-on suivre au plateau la cadence imposée par un film ? Y aura-t-il fusion entre les deux, ou rupture ? A l’image de ces deux héroïnes isolées sur cette île.

  • Peux-tu nous raconter la genèse de ton projet ?

Ce projet est né à la suite d’un travail que j’ai mené avec mes élèves de première année dans le cadre de l’échéance « création collective ». Il n’y avait pas de thème imposé cette année-là. J’ai voulu faire un travail en me servant de l’audiodescription comme d’un outil pédagogique. Pour sensibiliser les élèves à voir une image, la décrire et ensuite la transmettre. L’audiodescription doit rester factuelle, sans y émettre aucun jugement ni aucune interprétation. Ironie pour de futurs interprètes ! Mais ce travail demande une précision, le sens du rythme et une cohésion parfaite entre eux. Nous avons ensuite trouvé le support, « Persona ». Je voulais par cette occasion leur faire découvrir un chef d’œuvre. Avec une esthétique forte. Un réalisateur en lien avec le théâtre. Qui de mieux que Bergman ? Comme ils étaient 20 et que le film ne compte que quatre personnages, ils se sont passé la parole soit en tant qu’audio descripteur soit en interprétant les rôles. Pendant ce travail nous avons eu l’occasion d’inviter des non-voyants de l’association Valentin Hauy pour leur faire entendre le film, une rencontre très riche et forte. 

  • Que t’a apporté le Cours Florent dans ce projet ?

Un terrain d’expérimentation au final. C’est en voyant le résultat pendant l’échéance de création collective que j’ai eu envie de continuer plus loin. Ce travail pour des jeunes comédiens en première année du cycle de formation professionnelle n’a pas été facile car il imposait d’entrée, une discipline et une rigidité difficilement acceptable à ce niveau. Sans parler du propos plutôt austère du film. Alors je me suis dit que ce serait bien de ne pas en rester là, pour eux comme pour moi. J’ai cherché une salle et nous avons décidé de montrer cette forme en dehors de l’école devant un public. Je crois que c’était important qu’ils obtiennent une gratification de leur travail en rencontrant un public. 

« Persona » de Nicolas Vallet réunit Melissa Broutin, professeure de deuxième année au Cours Florent à Montpellier, Karinne Grenier, Luna Guadagno, Pauline Dumas, Gautier Ibos breveté.es de la première promotion du Cours Florent à Montpellier et Élodie Buisson, Laetitia Lebourg, Jules Tricard, Amandine Le Floch, Nathan Le Pommelet, Hugo Naudin.