Portrait

Peter Vickers

CAMPUS
Paris
ANNÉE
PROFIL
professeur

C’est très excitant de participer à la création de pièces avec un casting international pour un public international.

Peter Vickers a mis en scène Jack and Jill, le showcase que les élèves de troisième année de Acting in English du Cours Florent ont présenté pour leur spectacle de fin d'année. L'occasion de rencontrer ce gentleman calme et élégant qui a bien voulu répondre à quelques questions dans la langue de Molière.  

Quel a été ton parcours avant d'enseigner au Cours Florent ? 

Je viens de Liverpool, dans le nord de l'Angleterre mais j'ai grandi près de Manchester où j'ai connu mes premières expériences de théâtre amateur. J’ai ensuite appris mon métier de comédien au RADA (Royal Academy of Dramatic Art) de Londres pendant trois ans.

J’ai ensuite longtemps écrit pour la BBC, le théâtre et pour de petits films. J’ai, un jour, décidé de bouger et après avoir hésité à rentrer à Manchester, j'ai finalement choisi la France.

En arrivant ici, j'ai commencé la création de pièces dans une école de théâtre avec un petit groupe de comédiens. Depuis quelques mois, je suis professeur de la formation de théâtre en anglais du Cours Florent. 

Quelle est ta motivation à travailler avec des groupes internationaux ?

Il y a une sorte de nouveau théâtre qui grandit depuis que le monde est plus connecté. Nous sommes de plus en plus reliés les uns aux autres à travers la planète et on a besoin de ce nouveau type de pièces et de scènes. C’est très excitant de participer à la création de pièces avec un casting international pour un public international.

Cela existe dans le cinéma mais, dans le théâtre, en général, tout le monde a la même nationalité. Ce n'est pas le monde d'aujourd'hui. Beaucoup de mes amis vivent dans des pays lointains mais nous restons proche grâce à Skype et “Facebook“. Le théâtre doit refléter cette absence de frontières dans les rapports humains.

Autre chose : c'est encore terriblement difficile de nos jours pour une femme de trouver un rôle d’homme ou un rôle plus âgé. Or, le monde a changé sur ce point aussi et beaucoup de femmes veulent travailler différemment dans le théâtre aujourd’hui. Je m’intéresse donc aussi beaucoup à la création de pièces qui reflèterait ce changement. 

Comment travaillez-vous avec les élèves du cours Acting in English ?

La technique d’acting reste à peu près la même qu’à l’époque de Shakespeare. Dans Hamlet, par exemple, il y a une scène très célèbre The speech to players où les élèves doivent apprendre à ne pas trop utiliser leur bras, à être calme et raffiné. C'est encore d’actualité. En fait, on doit même toujours être comme ça. C’est les histoires qui doivent par contre changer, ou plutôt, le contexte de ce type d’histoire. 

Je partage aussi avec mes élèves mon expérience particulière de la voix. J’ai acquis une grande discipline lors de ma formation à RADA, proche de celle de l’armée ou du sport de haut niveau. Mon professeur de voix est très célèbre en Angleterre car il a eu de prestigieux élèves comme Margaret Thatcher, ou de grands acteurs comme Ray Fiennes. Il m’a appris à avoir une grande exigence personnelle que je veux apporter à mon tour aujourd’hui à mes élèves, celle d’une voix précise et forte, celle d’un corps calme et plein d’énergie.

Pour finir, l'équilibre des pouvoirs ayant changé dans le monde, entre les femmes et les hommes, entre les pays du monde, je veux aussi leur apprendre à se trouver dans leurs différences et à respecter ce qu'ils sont. Avec ces nouvelles histoires, ce nouveau théâtre, il y a des opportunités pour beaucoup de nationalités différentes.

Tout ça est un grand challenge !