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Olivier Nakache et Alexis Rosenstiehl au Cours Florent

Olivier Nakache et Alexis Rosenstiehl

À l’occasion de la sortie du film Juste une illusion, le réalisateur Olivier Nakache et le comédien Alexis Rosenstiehl étaient les invités du Cours Florent pour une master class organisée en partenariat avec l’ARP (Société civile des Auteurs Réalisateurs Producteurs). Face aux élèves, ils sont revenus sur leur manière de travailler, la naissance d’un projet, la direction d’acteur et cette part d’intuition qui accompagne souvent les plus belles aventures de cinéma. 

Une master class au plus près du métier de scénariste et réalisateur

Pendant près de deux heures, les élèves ont pu découvrir les coulisses de la fabrication d’un film, de l’écriture au tournage. L’occasion d’aborder très concrètement les méthodes de travail, les choix de mise en scène, la direction d’acteur et la place du collectif dans la création.

Olivier Nakache est notamment revenu sur sa manière de travailler avec Éric Toledano, son complice d’écriture et de réalisation depuis plus de vingt ans. Une occasion rare pour les élèves de découvrir concrètement comment naît un film, depuis les premières idées jusqu’à l’écriture du scénario. 

Leur méthode repose sur un dialogue permanent : accumuler des notes, observer le réel, imaginer des personnages, tester des pistes, écrire puis réécrire. Très vite, les dialogues prennent forme avant d’être retravaillés collectivement, dans un processus où rien n’est jamais totalement figé. Une façon de créer qui laisse une place essentielle à l'intuition, à l'expérimentation et au doute, considéré non comme un obstacle mais comme un moteur de travail.

 

Quand un acteur surprend les réalisateurs 

Cette attention à l’autre se retrouve aussi dans leur approche du casting. Olivier Nakache a raconté la découverte d’Alexis Rosenstiehl, dont la self-tape s’est imposée comme une évidence pour le duo. Une rencontre artistique comme les réalisateurs les affectionnent : celle où la proposition d’un acteur ouvre des perspectives inattendues. 

Il a également évoqué le casting de Joséphine de Meaux pour Nos jours heureux. Sa prestation l’avait tellement marqué qu’il en avait oublié d’appuyer sur « rec » pendant son audition ! Une façon de rappeler aux élèves qu’un casting n’est pas seulement un exercice de sélection, mais aussi un moment où un acteur peut surprendre et marquer durablement les esprits.

 

Du casting à la self tape : révéler une présence 

Pour Alexis Rosenstiehl, l’exercice de la self tape repose justement sur cette capacité à laisser passer quelque chose de soi. Interrogé par les élèves sur la préparation des castings filmés, le comédien a rappelé qu’une vidéo n’a pas besoin d’être parfaite pour être juste. Ce qui compte, c’est souvent une énergie, une présence, une curiosité qui donne envie aux réalisateurs de rencontrer l’acteur. Même dans un cadre imparfait, mal cadré ou tourné à la maison, quelque chose peut surgir et retenir l’attention. 

Olivier Nakache et Alexis Rosenstiehl

Sur le plateau, laisser une place à l’inattendu 

Pour Olivier Nakache, la création ne s'arrête pas à l'écriture. Il a notamment évoqué la place de la danse dans ses films, qu'il considère comme un révélateur des personnages : un corps qui danse raconte parfois davantage qu'un dialogue. 

Cette même attention guide son travail sur le plateau. Malgré une préparation minutieuse, il reste ouvert aux idées qui émergent pendant le tournage, au contact des acteurs, des lieux ou des situations. Des imprévus qui deviennent parfois les moments les plus justes et les plus marquants d'un film. 

 

La préparation au service de la liberté 

Si l’imprévu a toute sa place sur un plateau, il ne remplace jamais la préparation. Olivier Nakache et Alexis Rosenstiehl ont insisté sur un point essentiel : plus un acteur maîtrise son texte, plus il est libre dans son jeu. Connaître parfaitement une scène permet de s’adapter aux changements, d’accueillir une nouvelle indication ou une proposition de mise en scène sans perdre ses repères. Une liberté qui se construit d’abord par le travail. 

 

Du tournage au montage : le film continue de s’écrire 

La rencontre a également permis d’aborder une étape souvent méconnue : le montage. Olivier Nakache a rappelé qu’un film continue de se transformer bien après le tournage. Le rythme, l’enchaînement des séquences ou encore le travail du son peuvent modifier la perception d’une scène et faire émerger de nouvelles intentions. Une raison de plus pour explorer plusieurs pistes sur le plateau et laisser au film la possibilité d’évoluer jusqu’à sa forme finale. 

Entre conseils de jeu, anecdotes de tournage et réflexions sur la création, Olivier Nakache et Alexis Rosenstiehl ont offert aux élèves une immersion précieuse dans les coulisses du cinéma. Une rencontre qui rappelle qu’un film se construit toujours collectivement, à travers le travail, les échanges et les rencontres qui jalonnent sa fabrication. Merci à eux.

Olivier Nakache et Alexis Rosenstiehl