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Emilie Maréchal rejoint les Cours Florent Bruxelles !

Interview Emily Marechal

L’artiste Emilie Maréchal a rejoint l’équipe du Cours Florent Bruxelles cette saison. Elle a pris le temps de répondre à nos questions !

  • Emilie, peux-tu nous présenter ton parcours ?

Je suis comédienne et metteure en scène, à cheval entre Bruxelles et la Bretagne. Après mes études à l’INSAS en interprétation dramatique, j’ai joué au théâtre sous la direction de Roméo Castellucci, Joël Pommerat, Robert Lepage, Thibaut Wenger, Lorent Wanson, Sabine Durand, Alexandre Drouet, Joséphine de Weck, Thomas Dardenne... Et au cinéma avec Camille Meynard, Claudio Capanna, Olivier Smolders, Fouzi Louahen, Serge Goriely, Mounir Ben Bachir, Jean-Benoit Ugeux.

J'ai été nominée « Meilleur espoir » aux Magritte 2015 avec le film Tokyo Anyway de Camille Meynard, et aux prix de la critique théâtre 2016 avec Plainte contre X de Karine Bernsfeld.

Peu après ma sortie d'école, j’ai commencé l'écriture et la mise en scène avec Le dictateur, La Petite Fille au Théâtre Océan Nord, puis la Museum Night Fever à l’Opéra Royal de la Monnaie. 

Il y a 4 ans, je me suis tournée pour la première fois vers la réalisation avec FIGHT, un film documentaire présenté au Théâtre National de Bruxelles. Puis avec Pattern, une création qui mêle théâtre, installation et cinéma documentaire, réalisé la saison dernière en binôme avec Camille Meynard, j'ai affirmé mon désir de formes hybrides où le cinéma a une place à part entière. 

Depuis 3 ans, je me dirige aussi un peu plus vers la performance avec le collectif Transquinquennal (dans le cadre de l’école des Maîtres), Boris Dambly au Palais de Tokyo de Paris, le quatuor CoryFeye et en binôme avec le designer Sylvain Descazot pour l'exposition La toute première fois présentée à la galerie ARTEM. 

  • Tu es actrice, metteure en scène, auteure, réalisatrice. Comment l’enseignement s’est inscrit dans ton cheminement artistique et professionnel ?

A vrai dire, c'est quelque chose que je n'avais jamais envisagé.

J'ai déjà donné des workshops pour des étudiants en écoles supérieurs dramatiques, hors Belgique, mais c'était très ponctuel.  

Suite à la proposition de Julien Lanquetin, je me rends compte, à ma surprise, qu'enseigner me donne beaucoup de plaisir. 

L'enthousiasme des élèves est communicatif. Je travaille depuis une dizaine d'années maintenant. Et je me rends compte que parfois le plaisir de la découverte d'un texte ou de partenaires s'étiolent un peu. Les élèves ici me donnent une piqûre de rappel. 

Je prends plaisir aussi à transmettre ce que j'ai reçu d'important dans mon parcours à l'INSAS et dans ma vie professionnelle.  Cela me force également à ancrer encore plus ma pratique, à nommer ce qui y est essentiel pour moi et le transmettre aussi clairement que possible. 

Interview Emilie
  • Sur quoi as-tu travaillé avec la classe de Première année que tu diriges depuis début septembre ?

Pendant les 3 premières semaines, nous avons travaillé sur le chœur grec, afin de trouver une cohésion de groupe et un engagement collectif, en faisant attention les uns aux autres, avec bienveillance. Ensuite, nous sommes allés vers la commedia dell'arte, pour décomplexer les corps, ne pas avoir peur de se lancer en improvisation et d'être ridicule. Nous avons beaucoup ri ! Avec pas mal d'exercices, nous avons cherché à connecter les élèves acteurs avec leurs sensations, leurs intimités et leurs mémoires. Nous avons travaillé sur des choses plus invisibles. 

Puis nous nous sommes lancé.es dans le travail de scènes à deux. J'ai laissé aux élèves le choix de ces scènes, en ajoutant à la liste d'auteurs imposés Büchner que j'affectionne particulièrement. Le travail principal sur ces scènes est de trouver des appuis physiques et concrets pour que la relation entre les personnages ait lieu. 

Nous avons également commencé le travail sur les monologues de cinéma. Pour moi ce qui est important, c'est de savoir pourquoi l'élève a intimement choisi ce monologue, en quoi il est important/nécessaire pour lui.elle. Une fois que cette réponse est claire, nous creusons ce lien entre l'élève et ce monologue. Nous travaillons également à être au présent. Je demande à chaque fois comment l'élève se sent là, maintenant. Nous travaillons à partir de cet état.

  • Tu poursuis en ce moment un projet de long métrage documentaire : L’Amazone. Peux-tu décrire ce projet ?

Ce projet est né pendant le confinement. Ce fut une des bonnes choses qui émergea de cette curieuse période. 

Un de mes amis, réalisateur, m'a poussé à écrire le début d'un synopsis d'un film. Je l'ai fait et ce fut de suite assez limpide. Je voulais parler de ma mère. Un cancer du sein lui a été diagnostiqué en janvier 2019. Sa mère, son arrière-grand-mère et sa sœur aînée sont décédées de cette maladie. J'ai beaucoup suivi ma mère pendant tout le protocole de soins, chimiothérapies, mastectomie... Ce fut des moments impressionnants et très forts. Juste avant que ma mère n'entre au bloc opératoire pour se faire enlever son sein, nous nous sommes pris dans les bras, puis je lui ai dit qu'elle allait se réveiller amazone.

Cette figure mythologique de la femme forte et guerrière nous aide encore aujourd'hui à appréhender une réalité difficile.

Cette maladie touche beaucoup de femmes de ma famille. Mes soeurs et frère et moi sommes considérés à haut risque de développer cette maladie. Je me pose la question de la destinée, comme pour les héros mythologiques. Est-il possible de contourner une destinée ? Comment se préparer à la maladie ? Dans ce film, je propose à ma mère de devenir littéralement des amazones, des guerrières. Nous allons apprendre à tirer à l'arc, monter à cheval... Ma mère aujourd'hui se bat pour se réinsérer dans la vie sociale, après plusieurs mois de traitements intensifs et un corps mutilé. De mon côté, je me prépare pour être prête, si je dois faire face à la grande bataille.

  • Tu as programmé un tournage au sein de l’école, avec ta classe de Première année ; peux-tu expliquer comment cela s’intègre dans ton projet ?

Dans ce film, nous ne cachons pas le fait que je sois comédienne et que je mette en scène ma mère pour aller vers cette figure de l'amazone. Avec Camille Meynard, collaborateur et chef opérateur sur ce film, nous avons réfléchi à comment montrer mon quotidien dans le milieu théâtral. Nous ne voulions pas filmer de répétitions ou de représentations. Le rapport "professoral" nous semblait plus juste, moins frontal. 

Pour le tournage, j'ai choisi de travailler avec les élèves autour de Penthésilée de Kleist. J'aime cette langue qui claque. Penthésilée est la reine des amazones. Ce sera la première fois que le mot "amazone" sera prononcé dans le film et je trouve juste qu'il y apparaisse par la fiction du théâtre. Car c'est de cette manière aussi que j'ai connu et commencé à fantasmé sur cette figure de femme forte. 

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