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L’Institut Grotowski et le Cours Florent

Les élèves du programme BodyConstitution

Le Cours Florent et l’Institut Grotowski organise une conférence on line pour les élèves autour de Jerzy Grotowski

L’Institut Grotowski est un lieu de ressources et documentation, de transmission pédagogique, de pratiques artistiques, de résidences d’artistes et de création. De nombreux workshops y sont organisés tout au long de l’année. Des compagnies permanentes y sont également installées.

Cette conférence présentera la nouvelle coopération débutant en juin 2021 entre les Cours Florent, l'Institut Grotowski, ses pédagogues et des artistes de rituels haïtiens (tradition ayant inspiré Jerzy Grotowski, célèbre metteur en scène et pédagogue polonais). 

Lors de cette conférence en ligne de 2 jours en juin, le programme sera présenté aux élèves du Cours Florent par différents intervenants :

  • Jaroslaw Fret, directeur de l'Institut Grotowski, fondateur et directeur du Teatr ZAR, metteur en scène et acteur, expliquera les principes fondamentaux du programme "BodyConstitution" qui allie pratique et réflexion afin de bâtir une profonde culture corporelle du travail de l’acteur et de l’interprète. 
  • Stéphane Poliakov présentera une introduction générale au travail de Grotowski en le situant dans le contexte plus large de la mise en scène européenne et la question de l’acteur. Il introduira également au mouvement qui pousse Grotowski vers l’anthropologie et l’intérêt pour la structure d’action des rituels notamment du vodou haïtien. 
  • Fabrice Nicot, professeur d'art dramatique aux Cours Florent, enseignant en théâtre à l'Institut Grotowski, à l’Université Paris 8 et à la Faculté des Arts à Strasbourg, metteur en scène, acteur, producteur et anthropologue, témoignera de son travail avec les communautés d'artistes rituels haïtiens.

Le programme « BodyConstitution », appartenant au domaine de la recherche pratique de l’Institut Grotowski, s’adresse à des personnes qui cherchent à reconnaître en profondeur leurs compétences d’acteur en se confrontant à des techniques pré-expressives, ainsi qu’à des actions vocales.

En s’appuyant sur le travail de studios et de groupes artistiques, ayant entrepris d’analyser en pra-tique certaines cultures et philosophies d’expression corporelle (tels les arts martiaux aïkido, la capoeira...), ainsi que des traditions de chant (polyphonies géorgienne et corse, traditions mo-dales...), puis appliquant leurs principes à la formation de l’acteur ou de l’interprète, l'Atelier de l'acteur ouvre la possibilité de créer sa propre constitution du corps :  la « BodyConstitution ».

La « BodyConstitution » allie pratique et réflexion afin de bâtir une profonde culture corporelle du travail de l’acteur et de l’interprète. L’un des objectifs centraux de la « BodyConstitution » est de montrer et de combiner la dualité présente dans le travail de l’acteur : de l’objectivation du corps à sa subjectivation, d’ « avoir un corps » à « être un corps ». Nous aimerions aussi que la « Body-Constitution » devienne un programme visant à construire une heuristique pratique du corps (le corps comme voie) ainsi qu’une herméneutique pratique du corps.

Nous partons du principe que le Corps de chacun est sa Constitution. Comment retravailler les « sources » à la fois dans l'échauffement de l'acteur et comme matériaux du jeu en les refondant en une matière scénique qui puisse plus tard être intégrée dans une performance ? Remarque-t-on les trois registres dans lesquels la matière « source » est simultanément transférée au cours du travail de l’acteur ? Ces registres se décrivent en trois mots : transmission, transition et transgression. Dans quelles proportions ces trois registres sont-ils présents dans le travail de l’acteur ? Comment la matière collectée au cours de la recherche est-elle « traduite » et dans quelle mesure son trans-fert brise-t-il les frontières établies par la tradition et les techniques « sources » ?

La « BodyConstitution » recherche comment un rôle construit non seulement une ligne de compor-tements reproduits mais, avant tout, comment il bâtit une ligne d’expériences reproduites ou re-composées. « BodyConstitution » constitue une extension créative des activités centrées sur les techniques de jeu ayant lieu à l’Institut Grotowski depuis 2004 au sein d’un programme nommé Source Techniques / Sources of Techniques (Techniques Sources / Sources de Techniques).

Actuellement, le programme complet de BodyConstitution se compose de 7 parties :

  • The Field of Play – the Stage of Battle (Le Terrain de Jeu - la Scène de Bataille), dirigé par Przemysław Błaszczak
  • The String of the Body, dirigé par Jakub Gontarski
  • Four Centres (Quatre Centres), dirigé par Jarosław Fret et Simona Sala
  • Voice and Body : The Sung and Spoken Voice (Voix et Corps : La Voix Chantée et Parlée), dirigé par Jorge Parente
  • Into the Sound (A l’Intérieur du Son ), dirigé par Ditte Berkeley
  • Art of Invisibility (Art de l’Invisibilité), dirigé par Aleksandra Kotecka et Tomasz Wierzbows-ki
  • The Voice : An Axis of Presence (La Voix : Un Axe de Présence), dirigé par Jarosław Fret et Simona Sala

Les intervenants

Jaroslaw Fret, directeur de l'Institut Grotowski expliquera les principes fondamentaux du programme « BodyConstitution », appartenant au domaine de la recherche pratique de l’Institut Grotowski. En s’appuyant sur le travail de studios et de groupes artistiques ayant entrepris d’analyser en pratique certaines cultures et philosophies d’expression corporelle (tels les arts martiaux aïkido, la capoeira...) ainsi que des traditions de chant (polyphonies géorgienne et corse, traditions modales...), puis appliquant leurs principes à la formation de l’acteur ou de l’interprète, l'Atelier de l'acteur ouvre la possibilité de créer sa propre constitution du corps :  la « BodyConstitution ». La « BodyConstitution » allie pratique et réflexion afin de bâtir une profonde culture corporelle du travail de l’acteur et de l’interprète. L’un des objectifs centraux de la « BodyConstitution » est de montrer et de combiner la dualité présente dans le travail de l’acteur : de l’objectivation du corps à sa subjectivation, d’ « avoir un corps » à « être un corps ».

Stéphane Poliakov présentera une introduction au travail de Grotowski et de ses liens avec les arts rituels haïtiens. A partir de 1986 et jusqu'à la fin de sa vie, Jerzy Grotowski, metteur en scène et pédagogue polonais s'installe à Pontedera (Italie) pour y développer ce que Peter Brook nomme l'« art comme véhicule » et Dariusz Kociński, théoricien de l'Institut Grotowski de Wroclaw (Pologne) l'« art de la transformation », désignant ainsi un processus artistique visant moins l'effet produit sur le spectateur que la « transformation » de l'artiste durant son action. Parmi les cultures du monde explorées aux « Théâtre des sources » (1969 – 1982) puis à l' « Objective Drama » (1983), Grotowski choisit de se focaliser au « Workcenter » de Pontedera (1986 – 1999) sur les danses et les chants « vibratoires » du vodou haïtien.

Fabrice Nicot, au moyen de films, témoignera de son travail, avec les communautés d'artistes rituels haïtiens. Sans metteur en scène, chorégraphe et sans artiste interprète tel que nous l'entendons en Europe, les arts vivants du vodou haïtien diffèrent des processus scéniques occidentaux et s'apparentent aux arts vivants de la « transformation » selon l'expression employée par Dariusz Kociński, théoricien de l'Institut Grotowski de Wroclaw (Pologne), pour désigner « des arts vivants visant moins l'effet produit sur le spectateur que le processus de transformation de celui qui les pratique ». La notion de « franchissement » constitue la clef du processus de « transformation » dans les rituels du vodou haïtien qui ne commencent jamais sans une invocation à Papa Legba le gardien de la barrière. Les « artistes » du vodou percent les murs (les « protections » de l'individu et ce qui sépare le « visible » de l'« invisible »), traversant le « chaos » afin qu'un ordre s'établisse comme issu d'un champ de bataille. Les danses et chants, provoquant la transe, la canalise et la structure, de telle sorte que les processus individuels du franchissement de la frontière s'inscrivent aussi dans un système collectif. La durée de l'action artistique rituelle ne se détermine pas en fonction de ceux qui y assistent mais épouse le temps nécessaire au processus de transformation du pratiquant. C'est pourquoi, bien que nos actions artistiques suivent des structures nouvelles et créatives déterminées avec les communautés, leur temporalité elles aussi restent libres. Chaque « artiste » décide dans l’instant de la durée et du nombre de chants de chaque tableau, la structure « ouverte » ayant pour unique visée de « percer le mur » pour accueillir le vivant et l'imprévu.

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