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Jean-Baptiste Delcourt

Professeur

Interview de Jean-Baptiste Delcourt, metteur en scène du Module 2 au Cours Florent à Bruxelles
Interview de Jean-Baptiste Delcourt, metteur en scène du Module 2 au Cours Florent à Bruxelles

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Jean-Baptiste Delcourt
Théâtre
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C'est un métier où nous avons besoin de l'autre. 

Jean-Baptiste Delcourt

Professeur

Nous sommes deux semaines après les représentations du Module 2 des élèves de troisième année de la formation d’Acteur au Cours Florent à Bruxelles. Le travail du Module 3 vient de commencer, avec Gurshad Shaheman. Jean-Baptiste Delcourt, comédien et metteur en scène, a dirigé les élèves pendant presque4 mois. Il nous a accordé un entretien, avant de poursuivre vers ses nombreux projets ! 

Avant de découvrir son portrait, voici les retours d’élèves qu’il a accompagné cette saison

  • Marie Le Masson : "Jean Baptiste a su nous diriger et nous distribuer avec efficacité et attention. Malgré les difficultés ou les frustrations, nous avons su remplir, ensemble, l'objectif premier : faire un beau Module ! Le tout dans la collectivité et la bienveillance. Il a su nous rassurer et nous encourager. Grâce à son expérience, de metteur en scène et de comédien, il a su tirer le meilleur de nous-même. C’est un travail technique et concret de la langue que la pièce Coriolan a pu nous offrir. Merci à W. Shakespeare, pour cette poésie qui ne fait que prospérer. Merci à toi, Jean Baptiste, pour ce module haut en couleurs."
  • David Lorge : "Travailler avec Jean-Baptiste Delcourt a été une expérience formidable et unique. Il dégageait une énergie tellement positive et enthousiaste que, sans qu'il ne me donne d'indications spécifiques, j'ai appris à me surpasser. Je sentais que sa principale préoccupation était de nous porter, de nous aider à donner le meilleur de nous-mêmes, chacun d'entre nous."
  • Ninon Arnal : "Ce Module a été une expérience incroyable ! J’ai appris beaucoup de choses et surtout vers la fin où le rythme des répétitions s'intensifiait. J'ai pu découvrir une autre méthode de travail, un rapport différent à la scène, un côté plus intimiste : je devais parler au public en les regardant dans les yeux. J'ai trouvé ça très intéressant de découvrir une autre manière d'aborder son texte et de le faire partager au public. Aussi Jean-Baptiste a su nous mener vers cette autonomie, éminemment importante dans ce métier. Il a su nous faire progresser tous ensemble. Concernant la langue de Shakespeare, il nous disait souvent que nous n'aurions rapidement plus l'impression de dire du Shakespeare : effectivement, à la fin, je ne me rendais plus compte des différences de langage, les mots me semblaient actuels. Nous avions réussi à nous approprier ce texte ! Merci encore à lui qui a partagé avec nous ces 4 mois intense ! "

 

Portrait de Jean-Baptiste Delcourt

  • Peux-tu nous parler de ton parcours professionnel ?

Je suis à Bruxelles depuis dix ans et je suis sorti de L'INSAS il y a 5 ans. Je travaille entre la Belgique et la France en tant que metteur en scène et comédien. J'ai suivi tout d'abord des études de musique en percussion et en chant lyrique en France ainsi qu'en Art dramatique au conservatoire de Clermont-Ferrand. Avant le théâtre, j'ai fait beaucoup de musique, du rap, du rock, du slam...

Je suis venu à la mise en scène au conservatoire où j'ai eu l’occasion de monter Woyzek de Büchner au Théâtre National de Clermont pour mon TFE, et cette expérience a été décisive dans ma vie et pour la suite des choses. J'ai ensuite monté la compagnie FACT avec Aurélien Labruyère, Clément Goetals et François Gillerot, avec qui nous avons créé plusieurs projets.

J'ai travaillé comme acteur en sortant de l'école, puis j'ai continué à me former à la mise en scène en tant qu'assistant de metteur en scène, tel que Myriam Saduis, Joël Dragutin, Aurore FattierJ’ai enseigné cette saison au Cours Florent à Bruxelles, et depuis peu au Conservatoire Royale de Bruxelles.

La dernière Tragédie de Shakespeare Coriolan, sur laquelle j'ai travaillé pour le Module 2 au Cours Florent, est en préparation pour l'ouverture de saison 2020, et sera donc ma prochaine création.

  • Tu as dirigé le Module 2 des élèves de troisième année, comment as-tu abordé le travail avec eux ? Sur quel(s) auteur as-tu travaillé ?

Pour ce module, j'ai proposé aux élèves un défi : monter une tragédie de Shakespeare (Coriolan), sans coupe, en y incorporant des propositions venant de leur part et en leur demandant de s'impliquer sur tous les aspects créatifs de la fabrication d'un spectacle (scénographie, technique...). La première chose a été de travailler la langue de Shakespeare et de partir en mission, en quête de sens et de signifiant.

C'est une langue technique qui demande beaucoup de rigueur et nous avons dû travailler chaque réplique pour la rendre concrète et qu'elle résonne aujourd'hui avec limpidité.

Nous avons fait une forme opératique et le travail de groupe et la solidarité en ont été les choses primordiales.

  • Les élèves doivent jongler simultanément avec plusieurs projets (le Module 2, le FIT, la préparation de leur TFE, leurs projets extérieurs…). Quel a été le timing de ce trimestre ? Quel est ton rôle au sein de ce travail ? 

Cela arrive souvent dans le métier d'acteur : les choses tombent souvent en même temps ! C’était mon cas pendant le travail. C'est une caractéristique du métier, il faut donc faire avec le plus rapidement possible. Ce qui pour moi était essentiel de transmettre, c'est que le seul fait de vouloir être un bon acteur ne suffit pas. Il faut trouver les moteurs qui nous mettent en mouvement et alors nous pouvons déployer une énergie énorme et créatrice !

Souvent, c'est la matière texte qui nous porte, et nous devons nous mettre à son service. Je leur ai beaucoup : "Soyez les actrices et acteurs que vous voulez être maintenant ! Pas dans 3 ans !". C'est difficile de jouer, il faut trouver une force au-dessus de la question du "moi" et en sortir pour pouvoir réellement faire !

En ce qui concerne l’organisation du travail, nous avons construit la dramaturgie ensemble, en y intégrant le plus possible les propositions des élèves. Nous avons travaillé énormément le détail du texte et la mise en place du groupe pour les scènes. Ils ont fourni un travail considérable dans les répétions, avec mon assistante Florence Marchand, issue de la Promotion III du Cours Florent à Bruxelles, ou de manière autonome.

  • Quels enjeux as-tu souhaité traiter avec eux ?

Le sujet pour moi est toujours la chose principale à défendre : pourquoi monter Shakespeare aujourd'hui ? Cette pièce traite des problèmes de la démocratie et de l’orgueil des hommes. C'est peu de dire qu'elle a une résonance aujourd'hui ! Tout au long de ce travail, nous traitions des problèmes d'aujourd'hui, mais aussi de l'enjeu de faire du théâtre contemporain avec un texte datant de 1607.

  • Y a-t-il une anecdote que tu souhaites partager maintenant ce module terminé ?

La chose la plus belle et frappante dans le travail, c'est le moment où tout ce dont nous avions parlé pendant ce module prend forme et se rassemble. Tout s'aligne et se positionne, car la scène et le travail parle d’eux-mêmes, grâce à la sensibilité et la solidarité des êtres sur scène. Le travail et la compréhension intime de la matière que nous sommes heureux de partager avec les autres sous leurs regards se met à avoir une existence propre.

  • Quel(s) conseil(s) donnerais tu à un quelqu’un souhaitant se former au métier d’acteur-rice ?

C'est un métier où nous avons besoin de l'autre. C'est pour moi la chose la plus importante à savoir. Il faut se rappeler cela sans cesse et avoir de l'humilité, car seul nous ne sommes rien ! Il y a toujours un autre : même dans un monologue, on parle à quelqu’un, au public.

Le théâtre est un lieu particulier, car il y a peu d'endroits où nous prêtons autant d’attention à ce que dit quelqu'un qui parle devant nous…

Le seul vrai conseil que j'ai à donner : c'est de se passionner pour les choses que l'on travaille, les porter avec exigence et de persévérer avec ses rêves, pour soi, mais surtout pour les autres ! Il faut être un amoureux, sinon, c'est trop difficile.

 

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