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Portrait d'Hélène Lacrosse

Professeur

Portrait d'Hélène Lacrosse, professeur de l'atelier Corps en Jeu au Cours Florent à Bruxelles
Portrait d'Hélène Lacrosse, professeur de l'atelier Corps en Jeu au Cours Florent à Bruxelles

Quick Facts

Hélène Lacrosse
Théâtre
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La pratique théâtrale est un incroyable espace d'épanouissement personnel et relationnel, un lieu d'apprentissage sur soi et sur l'humain.

Portrait d'Hélène Lacrosse

Professeur

  • Hélène, peux-tu nous parler de ton parcours artistique ?

J'ai commencé le théâtre à l'âge de dix ans en académie. Pendant mes études supérieures de philosophie à la VUB, je continuais de suivre des cours de théâtre le soir.  A la fin de ces études, je sentais que je le regretterais toute ma vie si je n'essayais pas d'intégrer une école de théâtre ; et j'ai été prise à l'INSAS, en Mise en scène. J'ai adoré l'effervescence créative de l'école et même si c'était parfois très dur, ces années-là font partie des plus belles années de ma vie.  A tel point que j'ai eu du mal à quitter l'école : j'ai fait une année de mémoire supplémentaire dans laquelle j'assistais mon professeur de formation corporelle. Mon mémoire traitait de "l'état de disponibilité de l'acteur" et j'organisais une sorte de laboratoire corporel avec les étudiants de dernière année. 

Pendant cette année, nous avons également crée un collectif et lancé notre premier projet avec deux autres filles de ma classe. On a eu la chance énorme d'être programmées au Théâtre National en janvier 2016. On jouait et on mettait en scène à trois un texte de Jonas Hassen Khemiri, une aventure belle et difficile où j'ai appris énormément de choses sur le travail en collectif. 

En parallèle, je travaillais avec d'autres personnes sur un nouveau projet : Mythologies, basé sur les écrits d'un médecin neurologue, Oliver Sacks.  Nous l'avons terminé en septembre 2016  et il sera présenté en janvier 2019 aux Riches-Claires, deux ans et demi plus tard ! 

Constatant que les échéances belges sont parfois très longues, je fais depuis quatre ans des performances en Colombie où je teste des choses assez différentes de ce que je fais ici. Plutôt dans la nature, ou dans des lieux alternatifs, avec de la musique live et des temps de création beaucoup plus courts. En octobre, nous avons travaillé dans un lieu magnifique et magique, une piscine naturelle, où nous avons fait une performance en hommage à l'eau. 

Je sens que ça me fait du bien d'alterner des projets à court et à long terme, que ça vient renourrir mon processus créatif. Actuellement, j'écris un spectacle qui s'appelle Amazones et qui traite de mon voyage en Amazonie. Une première étape de ce travail sera présentée les 22 et 23 février au Festival de Liège à Factory. 

Les ateliers commencent souvent par un moment de relaxation au sol. Je le conçois comme un sas pour entrer dans le temps du corps, quitter le mental pour se convoquer dans l'ici et maintenant, le temps de l'expérience et du vécu, le temps de l'acteur. C'est un moment où j'essaye d'entraîner les étudiants à se détendre et à se poser avec la respiration, les sensations et la visualisation, de façon de plus en plus efficace et rapide, pour apprendre à se convoquer entièrement au moment voulu. 

Ce que je cherche, c'est l'acteur plein, l'acteur intégré où corps, voix, émotions, sens vont ensemble et ne font qu'un. Je cherche un acteur qui se laisse traverser et qui donne à voir son trouble et ses émotions plutôt que de fabriquer les choses de façon trop volontaire. Cet acteur poreux, sensible, disponible, nous allons le chercher à travers toutes sortes d'exercices théâtraux non-verbaux, mais aussi dans un travail énergétique et chorégraphique. 

Nous travaillons à la fois à ce que le corps soit plus présent, plus habité, plus conscient et en même temps à aiguiser le sens de l'espace, l'équilibre de plateau, la conscience du groupe et des dynamiques collectives.   

Pour moi, un acteur qui ne travaille pas son corps, c'est comme un peintre qui ne saurait pas se servir d'un pinceau, ou un menuisier qui ne saurait pas travailler le bois. Ça n'a pas beaucoup de sens.  Vu que tout est lié : la voix, le corps, les émotions, le mental… Il me semble qu'on ne peut pas travailler le jeu sans travailler le corps. 

  • Qu’attends-tu d’un élève qui participe à ton atelier ? 

Qu'il travaille à déplacer ses limites, à se connaître, à se responsabiliser.  Qu'il affine peu à peu sa capacité d'écoute et sa perception du réel, de plus en plus sensible au monde et en même temps plus ancré, pour ne pas se laisser submerger par ce qu'il joue.  De mes élèves, j'attends beaucoup de passion, de curiosité, de générosité et de bienveillance les uns pour les autres. 

  • Tu as proposé fin décembre un workshop à destination des élèves de Deuxième année. De quoi s’agissait-il ?

Il s'agit d'un atelier autour du spectacle MYTHOLOGIES que nous jouons aux Riches-Claires du 23 janvier au 9 février.  Comme ils sont là pour apprendre le métier d'acteur, je voudrais leur proposer une incursion dans les coulisses de la création. 

Par où commence le processus créatif ? Où aller chercher les infos pratiques de demande de subsides et de résidences ? A quoi ressemble un premier dossier ? Qu'est-ce qu'un metteur en scène est susceptible de demander à ses acteurs comme improvisations et  propositions personnelles ? Il s'agira d'un aller-retour entre les thèmes de la pièce (les troubles de la perception et de la sensation) et des exercices pratiques où je les invite à entrer dans une théâtralité plutôt physique et musicale. 

  • Quel conseil donnerais-tu à un élève souhaitant intégrer une formation en arts dramatiques ? 

Aux élèves souhaitant se former à ce magnifique et exigeant métier, je conseille d'être proactif, autant dans la formation qu'à la sortie. C'est eux qui détermineront au final, par leur engagement et leur curiosité, la richesse de l'enseignement. Je leur conseille de ne rien attendre des autres et de l'institution, mais de se responsabiliser, de monter leurs propres projets, de monter des collectifs, de créer le théâtre plutôt que d'attendre que le théâtre vienne les chercher.  Je pense que la pratique théâtrale est un incroyable espace d'épanouissement personnel et relationnel, un lieu d'apprentissage sur soi et sur l'humain. Quoi qu'il arrive ensuite, ces années les auront transformés pour mieux savoir qui ils sont et ce qu'ils souhaitent vraiment réaliser dans leur vie. 

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